

Hillary «très confiante»
(21/10/2004)
CORRESPONDANT PERMANENT A NEW YORK DAVID BENAYM
Rencontre
avec l'ex-First Lady,
convaincue
de la victoire de Kerry
NEW
YORK - Entre deux voyages de terrain pour le compte de
John Kerry, Hillary Clinton, sénatrice de New York, fait
une pause dans l'antre de la nuit de Manhattan, au
légendaire club Limelight, rebaptisé Avalon, pour le
compte du Comité national démocrate. Tête-à-tête avec
l'ex- First Lady.
A moins de
deux semaines de l'élection présidentielle, quelles sont
vos priorités pour ce qu'il reste de la campagne?
«Après un débat houleux sur l'Irak et la politique
étrangère, les Américains ont besoin de savoir ce qui
les attend chez eux. L'économie du pays est en danger.
Tous les acquis sociaux des années Clinton sont en péril,
l'assurance maladie ne protège plus que les plus aisés,
les fonds pour l'éducation ont été réduits de moitié en
quatre ans. Notre effort de campagne dans cette dernière
ligne droite se concentre donc sur notre politique
intérieure, parce que, au final, c'est la notion de
proximité qui touche le plus les citoyens.»
Etes-vous
confiante quant au résultat du 2 novembre? Dans quel
état d'esprit êtes-vous?
«Je suis très confiante. Même si la course est très
serrée, nous allons tout de même assister à une claire
victoire pour John Kerry et John Edwards. Vous savez,
beaucoup de gens disent que c'est l'élection la plus
importante de leur vie. Pour ma part, c'était il y a 12
ans. Mais, cette fois-ci, c'est l'avenir de ma fille et
de sa génération qui est en jeu. Nous ne pouvons pas
laisser le gouvernement actuel revenir à une politique
qui date du début du siècle précédent. L'horloge tourne,
nous sommes au 21e siècle, alors que les républicains
essayent de faire tourner les aiguilles dans le sens
inverse. Ils souhaitent utiliser une machine à remonter
le temps, à remettre en place des lois qui n'ont plus de
sens de nos jours.»
Quel est
le plus grand danger?
«Dans les quatre années à venir, la Cour suprême des
Etats-Unis va voir au moins trois nouveaux juges mis en
place, et nous ne pouvons pas nous permettre de voir des
conservateurs de l'extrême toucher au droit des femmes à
choisir le droit d'avorter, ou nos enfants au droit à
l'éducation. Des changements cruciaux doivent avoir lieu
alors que les conservateurs du camp Bush/ Cheney mettent
tous leurs efforts pour restreindre nos libertés, les
droits fondamentaux pour lesquels les pays occidentaux
se battent depuis tant d'années.»
En quoi
les relations avec les pays européens doivent changer?
«Nous devons regagner la confiance de nos alliés. Si
les temps changent, nos ennemis changent, nous devons
rester fidèles, dans nos principes, à nos amis de
toujours qui constituent notamment la Communauté
européenne.»
Comment se
remet votre mari de son opération?
«Bill va très bien. Il prend son temps dans sa
convalescence, mais se remet très bien de l'opération.»