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New York Assiégé
(03/09/2004)
CORRESPONDANT PARTICULIER
AUX ETATS-UNIS,
DAVID
BENAYM
Certains américains rêvaient d’une rentrée tranquille, c’était
sans compter sur la présence de la convention républicaine à New
York.
Les
hélicoptères tournent dans un ballet de sécurité incessant sur
Manhattan. Des rangées de policiers sont alignées sur les
grandes artères. Les barrières installées sur les trottoirs qui
longent les alentours du Madison Square Garden se dressent
contre les protestataires et les curieux. Oui, les républicains
sont en ville, et ils ne passent pas inaperçu. Une convention
conventionnelle, celle des éléphants de l’Amérique profonde.
L’ambiance dans les rues de New York est au stress et à la peur.
Impossible de se balader au cœur de la ville sans croiser le
regard inquisiteur d’un patrouilleur du secret service,
oreillette et badge en place.
Entre protestataires et new yorkais se dirigeant vers leur lieu
de travail, il n’y a que peu de différences. 5 new yorkais sur 6
sont anti-Bush, et la plupart l’expriment à travers leurs
t-shirt, casquettes, ou badges attachés à leurs vêtements.
« Plus que deux mois sous l’empire Bush » clame Jenny, 32 ans,
véritable clone apparent de l’héroïne de Sex and the City.
Jeffrey, tout juste 19 ans va voter pour la première fois, « je
sais que c’est l’élection la plus importante depuis des années,
et j’ai la chance de pouvoir donner mon point de vue, Bush doit
partir, et je manifeste tous les jours pour que les télés
montrent notre mécontentement ».
Ici,
tout le monde à une opinion. Et chacun utilise son droit de
l’exprimer. En dehors de quelques bâtiments officiels liés à la
convention républicaine, aucun message d’accueil favorable
n’apparaît sur les vitrines de la ville comme c’est d’habitude
l’usage lorsqu’une ville héberge un événement politique aux
États-unis. Au contraire, les efforts des commerçants se
trouvent dans les messages anti-W mis en place pour exprimer
leur point de vue. Comme pour Noël ou pour halloween, les
vitrines sont aux couleurs de l’ambiance qui règne sur
Manhattan. « Réductions pour les démocrates », « Bienvenue aux
républicains qui veulent rentrer chez eux », les messages
d’ironie sont à tous les coins de rues. Des dizaines
d’organisations se réunissent chaque jour sur Herald Square, à
quelques rues de Times Square et des comédies musicales de
Broadway.
Un
peu plus loin, les partisans de Bush vivent retranchés dans
l’antre du Madison Square Garden, temple de la fête, des
concerts et des événements sportifs. Là ou Madonna se donnait en
spectacle il y a seulement quelques semaines, les plus radicaux
des électeurs américains scandent des slogans pour que Bush
reste au pouvoir « 4 more years », quatre années de plus. Aux
premiers rangs, les délégués du Texas, affublés de bottes et
chapeau de cow-boy, scandent des messages de haine à l’égard du
candidat démocrate : « Kerry is for pussies », Kerry est fait
pour les fillettes. Les revendications politiques sont rares, on
assiste plus simplement à des joutes verbales par écran de télé
interposé. L’essentiel pour tous ces militants est d’être
visuels afin que les grandes chaînes puissent faire parvenir
leurs messages au cœur de l’Amérique profonde. Après une
élection controversée en 2000, les américains se préparent au
vote le plus partisan de leur histoire. Dans exactement deux
mois le monde saura enfin s’il faut compter sur George W. Bush
ou John F. Kerry pour reprendre les commandes de la plus grande
puissance mondiale.
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