CORRESPONDANT PARTICULIER A NEW
YORK,
DAVID BENAYM
Le Congrès Américain vote une loi pour lutter
contre les courriers électronique indésirables
NEW YORK
« Augmenter son train de vie en restant chez soi…
Venez découvrir la pilule qui vous rajeunit de 20 ans… Perdez 30
kilos en moins de 3 semaines tout en mangeant normalement… »
Autant d’arguments publicitaires que vous avez déjà sans doute
reçu dans votre boite de courrier électronique.
Les
anglophones en sont peut être plus conscient puisque la majorité
de ces emails non sollicités sont en anglais, mais le mal est
désormais mondial. Le principe du Spam est simple, lorsque vous
surfez sur Internet, achetez un produit sur un site marchant, et
que vous laissez votre adresse email, des pirates professionnels
interceptent vos données, sans que vous-vous en rendiez compte,
et l’utilise à des fins commerciales.
Selon un rapport de la Conférence des Nations Unies pour le
commerce et le développement ces courriers indésirables
représentent aujourd’hui dans le monde près de 50% du trafic de
courriers électroniques. Depuis quelques mois les représentants
au parlement américain débattent sur un texte pour lutter contre
ces invasions d’emails. A la différence des virus pour lequel on
trouve rapidement un antidote, il n’existe pas de programme
efficace anti-spams. Un Spam ouvert peut en entraîner dix
autres. Certains de ces fichiers contiennent même des virus en
sous-marin. Sans filtre puissant, sans loi pour se défendre, le
consommateur était jusqu'à présent dans une impasse envahie de
slogans.
Cette semaine est donc cruciale pour tous les utilisateurs
d’Internet. Comme 53.4% des Spams proviennent d’entreprises
américaines, il était important que Washington sévisse. Healther
Wilson, Représentant Républicain au Congres, qui lutte pour
obtenir une loi depuis plus de 6 ans, a déclaré que « ce qui
n’était qu’une nuisance avant est devenu un vrai cauchemar ». Et
c’est pour atténuer ce cauchemar que La Chambre des
Représentants a voté presque a l’unanimité (392 voix contre 5)
un texte qui permette aux internautes de réduire
considérablement le nombre de ces emails reçus. Mais cette loi
est aussi très favorable aux marqueteurs. En effet, cette
législation légalise une pratique déjà existante depuis
longtemps. Elle autorise l’envoi de messages publicitaires aux
internautes, sans leur permission. L’expéditeur de ce genre de
courrier doit seulement fournir au destinataire une adresse
valide, pour lui permettre d’exprimer sa volonté de ne plus
figurer sur sa liste marketing. Alors qu’il est notoire que les
adresses de réponse incluses dans les Spams servent non pas à
désabonner l’internaute, mais surtout à vérifier que son adresse
est bien valide.
La
loi n’est pas parfaite, mais elle ajoute un volet légal à ces
publicités non réglementés. L’un des outils qui devra désormais
être obligatoirement disponible dans chacun des emails sera la
possibilité de s’effacer définitivement des listes de diffusions
des annonceurs. S'ils continuent à envoyer des messages, souvent
pornographiques ou contenant de la publicité mensongère, les "spamers"
risqueront jusqu'à cinq ans de prison et de lourdes amendes
allant jusqu'à six millions de dollars.
Mais
cette loi concerne uniquement les Etats-Unis, et il est fort à
parier que les malins de la publicité clandestine se
délocalisent pour envoyer leurs immondices par d’autres réseaux.
En attendant que le Sénat confirme cette semaine la loi et que
le Président George W. Bush la signe, n’ouvrez jamais ces Spams
et donnez une adresse de substitution lorsque vous vous
inscrivez en ligne.
D.B.
© La Dernière Heure 2003